NOTOX : planches de surf éco-responsables à Anglet

Basé à Anglet depuis 2009, NOTOX conçoit des planches de surf éco-responsables.

Co-fondée par Pierre Pomiers, la marque allie artisanat et matériaux naturels pour proposer un équipement performant et durable.

Je m’appelle Pierre Pommiers, je suis co-fondateur et CEO de NOTOX, une marque de planches de surf éco-responsables basée à Anglet depuis 2009. Nous fabriquons des planches premium à partir de matériaux naturels et locaux : lin européen certifié European Flax, liège, résine biosourcée, bois de paulownia, et fibre de carbone upcyclée récupérée chez Airbus et Dassault Aviation. Il y a quelque chose de profondément cohérent à concevoir un outil de glisse qui ne pollue pas l’élément qu’il célèbre.

Ce qui m’anime, c’est la conviction qu’on peut faire mieux sans sacrifier la performance. Une planche NOTOX, c’est un objet de précision, façonné à la main dans notre atelier, qui répond aux exigences des meilleurs surfeurs. Clément Roseyro a d’ailleurs remporté le Tudor Nazaré Big Wave Challenge 2025 sur l’une de nos planches.

Au quotidien, j’aime ce mélange entre l’artisanat, l’odeur de l’atelier, le geste des shapers, la matière qu’on travaille, et la dimension entrepreneuriale, qui nous pousse aujourd’hui à structurer une vraie alternative industrielle.

Quand on commence à shaper, on découvre vite l’envers du décor. Une planche de surf classique, c’est du polyuréthane, du polyester, des solvants. On travaille toute la journée masqué dans un atelier saturé de poussières et composés chimiques. Et le soir, on va surfer dans une eau qu’on essaie de protéger. Je n’ai jamais bien digéré cette dissonance.

Le vrai déclic a été de comprendre qu’il n’y avait pas de fatalité technique : les matériaux existaient, il fallait juste accepter de tout réapprendre.
Pendant des années, on a échoué, on a recommencé, on a cassé des planches en essayant. Mais à chaque itération, on validait qu’une planche éco-conçue pouvait être aussi performante, parfois plus durable, qu’une planche conventionnelle. À partir de là, il n’y avait plus de retour en arrière possible.

La responsabilité s’applique à chaque étape, c’est une grille de décision qu’on applique à chaque étape de fabrication, et qui se mesure sur trois plans :

Les matériaux : nous utilisons de la résine biosourcée Sicomin GreenPoxy, du lin européen cultivé sans irrigation certifié European Flax, du liège, du paulownia, des âmes en EPS recyclé et même du carbone aéronautique upcyclé.

La durée de vie : nos planches en liège durent environ trois fois plus longtemps qu’une planche conventionnelle et restent reconditionnables : la couche externe peut être poncée et remise à neuf. Notre programme Notox Decade intègre dix ans de garantie et un service de maintenance annuel. Une planche qu’on garde dix ans, c’est neuf planches qu’on ne fabrique pas.

La validation scientifique et indépendante : nous sommes certifiés ECOBOARD Gold. Nos planches en liège ont été testées pendant six ans par les services de sauvetage côtier français (CRS et SNSM) dans des conditions intensives. Nous réalisons des Analyses de Cycle de Vie (ACV) pour évaluer rigoureusement l’empreinte environnementale (CO₂, énergie, eau, ressources, toxicité), et nous anticipons l’arrivée du Passeport Numérique de Produit européen avec des puces intégrées aux planches. On a anticipé ce mouvement, parce qu’on pense que la transparence environnementale n’est pas une option : c’est la nouvelle norme.

La première chose qui vous frappera, c’est l’absence d’odeurs de solvants ou de chimie piquante. On y sent le bois de paulownia, la cire d’abeille des finitions et le liège fraîchement poncé. C’est une atmosphère d’ébénisterie plus que d’usine. Les shapers travaillent sans combinaison intégrale ni masque à cartouches.

Toutes les matières sont visibles et brutes : rouleaux de lin européen, liège portugais, âmes de paulownia clair et chutes de carbone. tout ce qui entre dans une planche NOTOX est visible, identifiable, traçable. Vous pourrez toucher chaque matériau avant qu’il devienne une planche.

Vous croiserez le geste : entre quinze et vingt heures de travail manuel par planche, ajustée au dixième de millimètre près par nos shapers. C’est de l’artisanat pur, un savoir-faire qui s’affine, se transmet. Vous croiserez peut-être un client venant récupérer sa planche reconditionnée, prête à repartir pour une saison après cinq ou huit ans d’usage. Notre but est là : créer un autre rapport à l’objet. Une planche qu’on ne jette pas, qu’on entretient et qu’on transmet. Enfin, l’atelier n’est qu’à quelques minutes des plages d’Anglet. Nous fabriquons ici parce que nous surfons ici, et cette proximité avec l’océan nous oblige.

Le Pays basque est l’un des berceaux historiques du surf européen, un territoire où la culture artisanale, le rapport à la mer et l’attachement local sont profondément ancrés. Quand vous entreprenez ici, vous n’arrivez pas sur un terrain neutre : vous vous inscrivez dans une lignée, vous prenez des engagements implicites envers une communauté. Le surf basque est une culture de transmission où l’idée de patrimoine a un sens fort. Fabriquer des planches durables et réparables permet de s’inscrire dans cette logique, en créant un objet qui se passe de génération en génération.

Notre atelier est à Anglet, nos shapers sont d’ici et nous refusons de délocaliser notre fabrication premium. C’est un choix économique difficile mais on ne peut pas prétendre fabriquer responsable en faisant traverser la planète aux matériaux et aux planches finies. La proximité c’est aussi un critère écologique.

Il y a aussi l’océan, qui est notre patron commun. Tous ceux qui vivent ici dépendent, directement ou indirectement, de la qualité de cette mer. Quand on fabrique une planche qui ne pollue pas, on prend soin de la ressource commune sur laquelle repose tout le territoire. Au fond, NOTOX est une entreprise basque avant d’être une entreprise verte, et c’est précisément parce qu’elle est basque qu’elle est verte.

Quatre valeurs structurent nos décisions. La cohérence d’abord : on refuse les arbitrages faciles comme délocaliser en Asie pour gagner en marge ou faire de l’éco-blanchiment. L’exigence ensuite : une planche écologique qui ne performe pas, c’est une planche qu’on rachète conventionnelle six mois plus tard. L’écologie, sans l’exigence technique, ça ne marche pas. Vient ensuite l’humilité vis-à-vis du vivant. Nous avons une dette envers cet océan. Ne pas se prendre pour le centre du monde quand on fabrique des objets qui interagissent avec un écosystème plus grand que nous, c’est une forme de discipline. Et enfin, la transmission : nous formons de jeunes shapers et nous souhaitons, à terme, partager nos procédés certifiés avec d’autres fabricants. Une valeur qu’on garde pour soi meurt avec l’entreprise, une valeur qu’on transmet change un secteur.

Au début, « écologique » et « performance » étaient perçus comme contradictoires. Il fallait faire essayer nos planches pour que le client comprenne avec ses pieds avant de comprendre avec sa tête. Aujourd’hui, les clients poussent la porte de NOTOX déjà sensibilisés. Ils ne demandent plus si nos planches sont responsables, ils demandent comment.

La pédagogie la plus puissante, c’est l’objet lui-même. Quand un client tient dans ses mains une âme en paulownia clair à côté d’une mousse polyuréthane jaune, il n’a plus besoin d’explications.

Quand on aborde le prix, qui est plus élevé qu’une planche conventionnelle, on lui explique qu’on l’achète pour dix ans, qu’on l’entretient et qu’on la transmet. Ce qui nous rend optimistes, c’est la jeune génération de surfeurs. Pour eux, la question écologique n’est plus négociable, c’est une pression saine qui valide qu’on est dans le bon sens de l’histoire.

Ce qui me rend le plus fier, c’est plus discret que ça. C’est de pouvoir, le soir, regarder ce qu’on a fait dans la journée et ne pas avoir à s’en justifier. C’est une planche qui sort de l’atelier et qui ne contient rien dont j’aurais honte. C’est de pouvoir dire à mes enfants ce que je fais sans avoir à arrondir les angles. C’est de surfer dans une eau que mon métier n’a pas dégradée.

Dans une époque où beaucoup de gens vivent une dissonance entre ce qu’ils font et ce qu’ils croient, j’ai la chance immense d’avoir aligné les deux. Ce n’est pas un succès, c’est presque un privilège. Et c’est cette cohérence-là, plus que n’importe quel résultat extérieur, qui me rend fier d’avoir fondé NOTOX.

Planche démontable éco-responsable NOTOX.

NOTOX
6 rue du Lazaret, Anglet.
notoxsurf.com
@notoxsurf

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Crédit photo @dariotni
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